01. La fondation Mozilla : Firefox et Thunderbird
A l’origine développée sous linux sur les bases de Netscape esseulé après la terrible bataille menée contre Microsoft pour imposer un navigateur et un logiciel courrier universels lors de l’arrivée du web grand public à la fin du siècle dernier, la suite Mozilla est rapidement devenue une alternative sérieuse à l’hégémonie « microsoftienne ».
Aujourd’hui arrivée à maturité et éprouvée sur les principaux systèmes d’exploitation, la fondation Mozilla a décidé de scinder sa suite en logiciels autonomes plus légers et performants permettant une utilisation personnalisée devant les besoins hétérogènes des postes clients. Les principaux héritiers de cette scission sont le navigateur Firefox, et le logiciel courrier Thunderbird, disponibles gratuitement dans leur première version finale stable depuis fin 2004, et dont les noms sont devenus presque communs pour qui s’intéresse peu ou prou aux évolutions d’Internet.
Le principal écueil évité par la suite Mozilla est la fermeture de son code source rendant difficile la participation des utilisateurs finaux à la détection des bugs et à la proposition de solutions correctives ou évolutives. Ce simple fait permet aux logiciels qui nous intéressent ici de bénéficier d’une large communauté de testeurs et développeurs où chacun à son niveau fait profiter de son expérience aux autres. N’est-ce pas là l’idée originelle du réseau mondial, le partage et la mise en commun des connaissances par tous et pour tous ?
Passées les basses considérations politiques, économiques ou idéalistes qui auraient pu déjà vous décider à changer vos habitudes de consultation d’Internet, les logiciels Mozilla s’appuient avant tout sur une large richesse fonctionnelle.
En matière de sécurité d’abord, vous n’êtes pas sans savoir que la majorité des virus et autres chevaux de Troie profitent largement des emails et des sites web pour se propager et rendre parfois pénible l’utilisation de l’ordinateur, voire plus rarement provoquer des dégâts irrémédiables à ce dernier, mais compromettant quasi systématiquement vos données personnelles.
De part la relative indépendance dont ils jouissent vis-à-vis du système sur lequel ils sont installés, les logiciels Thunderbird et Firefox éliminent de nombreux risques liés à l’utilisation normale d’Internet et les bugs éventuels se voient limités au plantage de l’application seule et non du système tout entier. De plus, grâce au soin apporté à leur développement soutenu par la veille permanente des utilisateurs pouvant librement y participer, les failles critiques sont rapidement signalées et corrigées.
Concernant l’aspect technique, la fondation Mozilla, désireuse de n’oublier aucun type d’utilisateur d’Internet, a mis l’accent sur le respect des normes et des standards reconnus ou émergeants. En effet, la lutte fratricide entre Netscape et Internet Explorer a conduit à une situation absurde où le langage de balisage du code source des sites (le fameux HTML) est interprété différemment suivant le logiciel client ou pas interprété du tout pour certaines balises spécifiques à chaque navigateur, rendant le développement web un casse tête pour qui veut servir de l’information au plus large public et la consultation des sites une expérience hasardeuse en de nombreux endroits.
Sans doute lassés de gaspiller leur temps et leur argent ou simplement frappés par une étincelle de lucidité, les acteurs du net, géants de l’industrie en tête, ont choisi une voie pacifiée et unifiée et ont créé le consortium w3c qui n’a d’autre autorité que de proposer un socle commun aux langages outils du web, laissant libre chacun de bâtir ses ruines à côté.
Pourquoi s’en priver ? Mais nul ne doute que leur succès croissant va intéresser les adeptes nihilistes de la compromission totale du réseau et autres partisans de l’intelligence économique alternative, désireux, coûte que coûte, de mener à bien leurs singuliers desseins.
Sébastien Glorian
Responsable développement Génération Internet


